RETOUR A L'ACCUEIL Accueil  Multi  Services  à  Vocation Littéraire et Musicale ACCUEIL 18240
 Et si on prenait l'écriture au pied de la lettre 

INTRODUCTION

Malgré toutes les possibilités informatiques et télématiques, l'écriture manuscrite a encore de beaux jours devant elle. Toute la scolarité se fonde sur le "savoir écrire".  Et jusque dans les études supérieures rien ne remplace encore le crayon et la gomme ! Et que dire lorsqu'il s'agit de postuler pour un emploi de si petit niveau soit-il ? Il faut  SAVOIR ECRIRE  !

Quand nous regardons la masse de la production manuscrite, particulièrement dans le milieu scolaire : on reste parfois perplexe devant le résultat tant dans le fond que dans la forme. Tout semble être fait pourtant dès le plus jeune âge pour assurer la qualité de la communication : on est sensible au contenu et l'art de la formule est toujours apprécié. En dirions-nous autant en considérant la forme? C'est l'observation de cette dernière qui va guider notre réflexion : parlons alors graphisme, écriture, et pourquoi pas "calligraphie".

Dès que l'enfant peut tenir un crayon entre les mains : quel plaisir que d'observer ses premiers "gribouillis"!  Mieux encore, c'est un enchantement de voir les premiers graphismes que peuvent faire produire les maîtresses des classes maternelles! Mais alors, quand allons-nous voir apparaître la véritable écriture? Un peu de patience : franchies les portes maternelles, nous voici dans la cour des grands: c'est le Cours Préparatoire qui tient si bien les promesses de son nom! Tout prend vie nouvelle à partir de là : lire, écrire, quelle fête! Tenir un stylo n'est pas si simple : il y a là derrière toute une maîtrise qui met en jeu une foule de paramètres qui vont des yeux aux muscles des bras et des mains... en passant par le cerveau! Avez-vous déjà regardé un jeune enfant s'appliquer sur une page d'écriture? Concentration, attention, fermeté, souplesse, adresse, régularité... tout un monde se met en oeuvre  pour aboutir à de simples traits, courbes, ovales... qui forment les lettres, les mots...

L'écriture n'est pas une mince affaire, elle ne va pas sans un minimum de perfectionnements qui touchent au plus profond de la personnalité de l'enfant. Par le biais de l'écriture, nous pouvons d'ailleurs regarder toute cette personnalité de l'enfant: de sa constitution physique jusqu'à sa tournure d'esprit car enfin son être tout entier n'entre-t-il pas dans ces petits signes "noirs sur blanc" qui en disent si long à qui sait voir  : de la lenteur et des maladresses des débuts jusqu'aux formes élaborées que l'on rencontre parfois très tôt et qui témoignent d'une maturité précoce ? Force est de constater qu'au-delà des premières classes primaires, une activité pourtant si importante que l'acte d'écrire est bien délaissé. Une fois fini l'apprentissage, il semble manquer comme d'un suivi : en effet, des écritures laissées à elles-mêmes bourgeonnent dans tous les sens et produisent parfois des graphismes si loin des modèles enseignés que certains en deviennent à la limite illisibles. Ce ne sont pas les remontrances ordinairement formulées comme un simple constat qui peuvent faire évoluer un graphisme ingrat.

Au niveau du collège, une observation attentive semble révéler un pourcentage non négligeable de graphismes handicapants pour leurs auteurs : cela va de la simple fatigue au découragement lié à l'ennui et aux résultats décevants. Une des difficultés et non des moindres est sans doute la lenteur : un trait mal assuré fait perdre du temps, on a beau vouloir suivre, l'enchaînement des formes est sans cesse ralenti. On imagine déjà une conséquence bien simple : on a du mal à écrire, on est en retard... Dans le meilleur des cas on laisse des blancs que l'on comblera par la suite ; bien souvent un texte dicté se retrouve amputé ; un texte recopié inachevé... et combien d'autres maladresses? Les écritures malhabiles ancrent (j'allais dire encrent) leurs auteurs dans une spirale dont il est difficile de sortir : la lenteur est à cet égard caractéristique, quand bien d'autres facteurs sont  source de réelles difficultés scolaires nous ne citerons que les lacunes en orthographe si souvent associées aux écritures dysgraphiques quand ce n'est pas à la dyslexie.

Quoi qu'il en soit, les écritures pour le moins négligées sont toujours néfastes pour ceux qui les tracent. Les mauvaises surprises aux examens et concours, les évictions lors de tris graphologiques à l'embauche ne sont pas les moindres ennuis auxquels doit se préparer celui dont l'écriture ne traduit pas dans la forme tout ce qui pourtant peut y être contenu. L'écriture est plus qu'un support à la communication : elle est déjà en elle-même un langage. Qui n'est pas à première vue attiré par un graphisme simple et esthétique ou rebuté par des mots informes qu'il faut d'abord déchiffrer avant de comprendre le sens qu'ils cachent! Nous n'en finirions pas d'énumérer des généralités, la liste serait longue des distorsions qui peuvent affecter le graphisme, les considérations liées à l'interprétation de l'écriture couvriraient des pages, mais alors quelques remarques pratiques nous ramèneront à la juste réalité.

Nous avons profité lors du salon de l’œil et la Plume de 1992 à Cosne Cours sur Loire pour sonder l'écriture des élèves dans un aspect concret, facilement évaluable et pouvant induire une réflexion ultérieure plus approfondie. S'il est vrai que les élèves écrivent beaucoup, ils sont aussi très souvent sollicités pour être rapides. La copie, la dictée, sans parler de la prise de notes demandent un effort constant. Etalonnée en lettres/minute, nous appelons écriture lente celle qui produit moins de 100 lettres ; est posée, celle qui tourne autour de 130 et il faut produire une moyenne de 180 lettres pour qu'elle soit dite rapide.

C'est probablement cette vitesse qui laisse espérer qu'un lycéen aura les bonnes dispositions pour la prise de notes de cours.

A suivre…

Pour en savoir plus, contactez > © Maurice MARTIN